EXPOSITION LAISSE-MOI, PASSÉ - JUIN 2005

LAISSE-MOI, PASSÉ

ANTOINE D'AGATA
ANDERS PETERSEN
GILLES FAVIER

Commande des Affaires Culturelles de la Ville de Saint-Etienne - JUIN 2005



Antoine D'AGATA (FRANCE / MAGNUM PHOTOS) www.magnumphotos.com
Anders PETERSEN (SUÈDE / AGENCE VU') www.anderspetersen.se
Gilles FAVIER (FRANCE / AGENCE VU') www.gilles-favier.com


Trois regards. Croisés, mais pas forcément. Pour un portrait décalé (décapant) d’une ville en mouvement. Trois photographes lâchés dans la ville de Saint-Étienne. Loin des clichés mais (si) proche des gens.


Les nuits suédoises sont plus longues que les nôtres. Anders Petersen, dans la ligne droite de son travail actuel sur la solitude et l’intime, nous le rappelle en écumant les ruelles à la recherche du dernier bar ouvert ou plutôt du dernier client à photographier. Un monstre d’énergie positive et un plaisir non dissimulé à chaque rencontre.
Pendant ce temps, Antoine d’Agata était à l’usine. Lui qui a voulu se frotter à “la banalité du travail” nous offre une série de portraits de dos, de trois-quarts, des silhouettes mais peu de rencontres frontales de travailleurs. Un univers à contre emploi, en couleur, loin de ces précédentes dérives nocturnes.
Et Gilles Favier, soucieux peut-être de revivre quelques lointaines émotions d’enfance stéphanoise de soir de foot et des fascinantes rues noires du charbon de mine, est aussi parti à la rencontre des habitants de cette ville. Et, portrait après portrait, la ville s’est ouverte, pas glamour mais si chaleureuse, si attachante.

« La commande, assortie d’une carte blanche, est souvent génératrice de surprises. C’est d’ailleurs là l’intérêt majeur d’une confrontation de regards radicalement différents et que l’on laisse s’exprimer en toute liberté et leur permettant de prendre tous les risques.
Anders Petersen, Antoine d’Agata et Gilles Favier appelés à donner leur vision de Saint-Etienne, aussi éloignés soient-ils dans leur démarche et dans leur écriture sont en tout cas d’accord sur une chose : une ville ce sont ses habitants. Et tous trois ont photographié des gens.
Des gens qu’ils ne connaissaient pas auparavant et qui sont donc des modèles de rencontre, des hasards de découverte de la ville. Ensuite, en fonction de l’envie, de l’humeur du moment, ces rencontres pourront être des moments de partage et de complicité ou le motif d’interrogations et de doutes.
Gilles Favier, fidèle à son format carré, au noir et blanc, à une belle empathie pour ceux qu’il photographie nous propose un album de famille dans lequel des anonymes, des ordinaires, deviennent les acteurs d’un échange chaleureux de regards. Avec respect, en apprivoisant la lumière qui révèle les visages et caresse les expressions, il nous dit le bonheur de ces rencontres inopinées, de ces personnalités croisées au hasard et qui sont devenues des éléments de sa photographie et des moments de sa vie.
Anders Petersen, dans la droite ligne de son travail actuel sur la solitude et l’intime a promené son objectif avec une forme d’urgence, d’agitation, de besoin de capture qui agite tout son parcours stéphanois. Pas de limites, pas de retenue, simplement, dans des contrastes forts, des situations intenses sous un regard acéré qui capte brillamment de minuscules instants d’abandon, de plaisir, de presque désespoir dans des décors marqués de temps et de tristesse.
Antoine d’Agata, en couleurs et en montage suggère, en les photographiant de dos, que nous ne voyons plus les acteurs de la classe ouvrière qui signifièrent durant tant d’années l’identité de la ville.
Trois propositions pour nous dire, aussi, que la photographie n’est jamais objective, qu’elle n’exprime que le point de vue de celui qui la réalise, qu’elle est avant tout significative de choix, éthiques et esthétiques et que, toujours, en faisant semblant de mettre sous nos yeux ce qui censé être son « sujet », elle est également une manière d’autoportrait du photographe au moment où il a travaillé. »
_Christian Caujolle
Directeur artistique de l’Agence et de la Galerie VU’



EXPOSITIONS

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Républicaine / Saint-Étienne:

08 - 21 Juin 2005