DU 22 OCTOBRE AU 03 DÉCEMBRE

REG4RDS

ANDERS PETERSEN
BERTRAND MEUNIER
JULIANA BEASLEY
JUAN MANUEL CASTRO PRIETO


“Reg4rds” est en quelque sorte un laboratoire de la photographie documentaire contemporaine, une collection de regards d’auteurs reconnus, invités à se poser chaque année sur l’île singulière. Elle retrace quatre ans de résidences, quatre ans de (re)découvertes de la ville à travers l’œil d’un « étranger », quatre ans de défis et de cartes blanches. “Reg4rds” dresse un portrait singulier et multiple de Sète, à travers les images d’Anders Petersen, Bertrand Meunier, Juliana Beasley et Juan Manuel Castro Prieto.

Anders Petersen – Sète #08



“Un air de Sète”

« Anders Petersen marche dans la ville, l’explore, la renifle et déclenche lorsque la lumière l’attire soudain, par grand soleil ou sous la pluie. Il fait des rencontres ou se fait guider par des complices, s’installe dans un bar qui deviendra son quartier général parce qu’il a senti que transiteraient là des personnages susceptibles de l’entraîner vers des photographies. Il y aura des gens ordinaires, des marginalisés, des exclus du système, des gens, surtout, qui laissent libre cours à leurs émotions, qui ne se dissimulent pas derrière la convention d’une image qui les protègerait. […] Restent du plaisir pour les yeux, l’écho généreux d’une rencontre entre un homme du Nord et une ville du Sud. Et la certitude qu’il s’agit vraiment de photographie au moment où les flux d’images nous donnent le tournis.»
_ Christian Caujolle

Bertrand Meunier – Sète #09



“Sète, solaire et minérale”

« On sent, d’image en image, une cité fondée sur les éléments de roc, d’eau, d’air en mouvement, une ville qui ne s’arrête pas mais qui n’est jamais agitée, qui ne se donne pas mais qui ne se dissimule jamais. Et l’on ressent ce que l’on perçoit, cette singularité qui fait que l’on n’arrive jamais à comparer Sète à aucune autre ville, à aucun autre port. […] « En s’attaquant, avec un indéniable sérieux, à l’exercice redoutable du « portrait de ville », Bertrand Meunier nous rappelle une vérité photographique essentielle. Qui dit portrait de ville dit portrait. Et dit donc la subjectivité obligatoire du résultat. Mais ce qui est subjectif et qui peut surprendre n’est pas forcément faux. Il s’agit juste de la vérité d’un instant. D’un instant que nous n’aurions jamais perçu s’il n’avait pas été photographié et d’un instant à jamais disparu, si ce n’est qu’il s’est figé sur le grain de la pellicule. Il y a, dans ce portrait de Sète aujourd’hui quelque chose de profondément photographique, argentique. Quelque chose d’irremplaçable et qui est peut-être en train de disparaître, qui peut faire exister dans le métal un reflet doux et ferme à la fois, une étrangeté et une familiarité, des évidences et des mirages. »
_ Christian Caujolle

Juliana Beasley – Sète #10



« Le Sète de Juliana Beasley est donc le sien, unique, irréductible à aucun autre et, s’il est aussi peu objectif que tous ceux que peuvent et pourront proposer des photographes sincères, il ouvre des voies. Des pistes pour le regard. […] Sète, alors, devient, sans aucune volonté d’exhaustivité ni d’approche sociologique, ni d’analyse d’aucune sorte mais plutôt comme la succession d’opportunités de rencontres, de moments privilégiés, de croisements dus certains au hasard, d’autres à une volonté, une forme de collage. Le camping, le bar, le loto, les joutes, les apprentis, comme de petits chapitres. Mais un autre peut être, avec la même importance, consacré à un couple, à une famille, à une vieille dame. […] Juliana Beasley passe, sans maniérisme et en réaffirmant la teneur documentaire de sa photographie, du soft au hard, tant au niveau des situations que des cadrages – secs ou amples – ou des couleurs – contrastées ou douces. »
_ Christian Caujolle

Juan Manuel Castro Prieto – Sète #11



«  Qui pense couleur à Sète imagine immédiatement la ville solaire, la profondeur des bleus, des blancs purs, des rouges profonds, une palette luxuriante de bords de Méditerranée. C’est au contraire une proposition en demi-teinte, vibrante, assoupie, apaisée mais ouverte au risque de quelques stridences, que le photographe décline entre deux visions de mer amples, riches de camaïeux dans lesquels bleu et gris se marient pour imposer un univers de matière, impressionniste et sensuel. […] Pour dresser son portrait de la ville Juan Manuel Castro Prieto a trouvé une infinité d’images existantes, utilisées ou oubliées, qu’il a rephotographiées à sa manière, leur donnant un nouveau sens. Elles deviennent, tout comme les traces de pas inscrits par la peinture blanche sur le sol, des manières de repères et une façon de dire que tout cela n’est qu’image, signe, qu’il faut lire la ville car elle se donne comme une énigme à décrypter. Une des forces de cette vision est aussi d’avoir accepté le fait que Sète est étrange. Et d’avoir, au lieu de tenter de lutter, su pactiser avec cette identité aussi profonde que déroutante. »
_ Christian Caujolle



SÈTE #11
JUAN MANUEL
CASTRO PRIETO





SÈTE #10
JULIANA BEASLEY




SÈTE #09
BERTRAND MEUNIER




SÈTE #08
ANDERS PETERSEN